La rafle du 6 avril 1944


Il y a tout juste 80 ans, la Gestapo arrêtait 51 personnes, dont 44 enfants.


Ce 6 avril 1944 marque le premier jour des vacances de Pâques. Des enfants préparent leur petit-déjeuner, sans savoir que ce sera le dernier. Deux camions et une voiture font irruption devant la maison à 9h du matin. Des soldats de la Wehrmacht (armée allemande) descendent et arrêtent brutalement les personnes présentes. Elles sont 51 à l'intérieur, quarante-quatre enfants et sept adultes. L‘un des adultes présents nommé Léon Reifman arriva a s’échapper de la maison en sautant par la fenêtre du premier étage et évita la rafle. Il s'est caché derrière un muret et a vu toute la scène. Les soldats ont fait monté les adultes et enfants dans les deux camions. Ils ont lancé les enfants comme des "sacs à patates" et Miron Zlatin a tenté de défendre les enfants. Il s’est pris des coups jusqu’à saigner.

Les voisins d’au-dessus ont tout vu, l’arrivée des soldats, l’arrestation des enfants et la violence. Au départ, les soldats ont dit à une femme de la Maison de ne pas venir car elle n’était pas juive mais, contre toute attente, elle les supplia de l'emmener avec les enfants en précisant que ses papiers étaient faux et que sont vrai nom était Léa Feldblum. Déportée ensuite à Auschwitz avec les enfants, elle sera la seule survivante...

Sabine Zlatin n’était pas présente à Izieu le 6 avril, elle n’y était pas très souvent. En effet, elle était à Montpellier pour chercher de nouvelles familles d'accueil pour protéger les enfants juifs car elle savait que la Maison d'Izieu était menacée.


En réalité, 45 enfants ont été déporté. Michel Wucher, un enfant de 8 ans, non juif, était à la maison d'Izieu le matin de la déportation. Il a été raflé comme tous les autres enfants. 1km plus bas, les Allemands font un arrêt à La Bruyère, hameau de la commune de Brégnier-Cordon. Ils avaient besoin de faire le plein de charbon de bois. Ils stationnent devant la confiserie Bilbor, où le personnel assiste à la scène. Cet arrêt sauva la vie de Michel Wucher. L'une des employées reconnaît l'enfant. Ils font descendre le petit garçon et les Allemands repartent finalement avec 44 enfants et 7 adultes. 

Lors du procès de Klaus Barbie, ce dernier dit qu'il n'était pas présent à la maison d'Izieu lors de la rafle. Néanmoins, un témoin dit qu'il a vu Barbie lors de la rafle.
Était-il présent lors de la rafle ? On ne le saura probablement jamais…

sources :
- Pascal Bresson, Giulio Salvadori, La rafle d'Izieu, ed. La Boîte à Bulles, 2024.
- Jean-Claude Bauer, Frédéric Brrémaud, Klaus Barbie - La route du rat, ed. Urban graphic, 2022

par Loris et Marion