Une maison à Izieu
Au printemps 1943, Sabine Zlatin et son mari sont à la recherche d'un lieu pour y installer les enfants juifs sortis principalement des camps de Rivesalte et d'Agde dont ils s'occupaient dans l'Hérault.
Grâce à des connaissances, le sous-préfet Pierre-Marcel Wiltzer propose trois maisons.
La colonie s'installe dans le hameau de Lélinaz, à Izieu, dans l’Ain, une région montagneuse à l’abri des regards. C’est un endroit reculé, dans le Bugey. Isolée, loin des routes principales, la maison est un havre de paix et a été choisie pour cela. Le sous-Préfet de l'époque, très investi dans la sauvegarde d'enfants juifs, explique à celle qui allait devenir la directrice de la colonie :"ici, vous serez tranquilles". Sabine Zlatin va ainsi accueillir plus d'une centaine d'enfants juifs dont leurs parents ont été arrêtés ou déjà déportés.
La maison possède plusieurs pièce comme le rez-de-chaussez, le réfectoire, la salle de classe et le dortoirs. La salle de classe était l’une des pièces les plus importantes et aussi surprenantes car elle était légale et une institutrice de l’éducation nationale venait donner cours.
Les échanges avec les habitants du secteur sont fréquents. Des enfants des villages voisins viennent jouer avec ceux de la colonie. Les jours sont heureux, bien que marqués par l'absence des parents. Dans la maison, tout le monde participe aux tâches du quotidien. Et il n'est pas facile. Restrictions alimentaires, hygiène limitée, la maison ne dispose pas d'eau courante, ni de chauffage. La guerre n'est pas si loin. Mais le lieu est un espace de refuge. On cultive un potager, on va se baigner dans le Rhône, on dessine, on joue...
par Mélina et Maxence